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17/08 à 20:45  - Rafraichir - Répondre

Nos domaines d’activité

  • Haute fiabilité organisationnelle

    Fiabilité et performance de l’activité opérationnelle, plans de continuité, optimisations des flux et des services supports, amélioration continue, réseaux managériaux d’entraide et d’expertise

    Qualité de vie, santé, et performance au travail

    Management de la fatigue et de la performance humaine, conciliation des sphères de vie, équilibre travail-vie privée, risques psychosociaux, travail de nuit, horaires atypiques, accidentologie, pénibilité...

    Management en situations complexes

    Management libéré, non hiérarchique, de proximité, de publics atypiques, mise en place de réseaux managériaux, bien-être du manager, dialogue social, soft-power...

    Innovation sociale

    Accompagnement durable du changement, agilité organisationnelle, supervision et régulation d’équipes, intégration des aléas (approches VUCA), intelligence économique et territoriale,

    Éthique et société

    Égalité femme-homme, intégration et recrutement de publics atypiques et à haut potentiel, diversité culturelle et générationnelle, médiation, handicap...

    Études et recherches scientifiques

    Expérimentations en situation réelle de travail, chronobiologie, psychologie, sociologie, évaluations psychométriques, enquêtes statistiques.

Conférence au club Melchior : les sapeurs pompiers collaboratifs

Le Club Melchior a organisé sa seconde rencontre en janvier dernier au Grand Lyon autour du témoignage de Michel Marlot, officier de Sapeurs Pompiers, Colonel du Service du Département Incendie et Secours de Saône et Loire.

L’analyse de ce témoignage a été réalisée par Cécile Godé, Professeur à l’Université Lyon 2 Lumière.

Marc Riedel, sociologue des organisations, psychologue et chronobiologiste, expert auprès des SDIS et consultant au sein du cabinet Bélier santé, ainsi que Martine Le Boulaire, responsable d’Entreprise et Personnel en Rhône-Alpes ont apporté leur regard croisé.

Cette seconde rencontre était animée par Thierry Picq, Doyen et Professeur de l’EMLYON Business School.

Intervention de Marc Riedel

Question de Thierry Picq : Pouvez vous nous expliquer ce qu’est la chronobiologie ?

La chronobiologie est l’étude des rythmes biologiques des êtres vivants. Elle s’intéresse à leurs régulations, à leurs effets sur la santé en fonction des saisons, des mois, de l’alternance du jour et de la nuit...
Elle fait aujourd’hui un peu l’actualité, de part ses apports sur la question du travail de nuit, des horaires atypiques, la pénibilité au travail ou encore des rythmes scolaires.

Concrètement, le chronobiologiste sait que d’un point de vue physiologique ou psychologique, vous n’êtes pas le même au cours de la journée, vous n’avez pas les mêmes capacités ou les mêmes ressources. Il sait que tout cela varie et à un impact sur votre travail et votre santé. Par exemple, la force physique varie au cours des 24h. Pour vous donner un ordre de grandeur, si un sapeur-pompier est capable de soulever 100 kg en développé couché à 16h, à 3h du matin, il n’arrivera peut - être pas à soulever plus de 70 kg. Cela pose un souci quand vous travaillez de nuit, que vous sortez en opération pendant ces « heures-noires » de la nuit, et que vous devez tenir un écarteur qui pèse relativement lourd pendant trois quart d’heures à bout de bras. Bien entendu, c’est également à ce moment là que la population risque le plus d’avoir des accidents graves sur la route...

Mon apport en tant que chronobiologiste et sociologue au SDIS 71 a sans doute été d’accompagner le développement d’une approche managériale qui permette de tenir compte de ces variations, et de faire en sorte que, dans la représentation des managers, une heure de la journée n’égale plus nécessairement une autre heure. Je crois que sur ce type de profession incluant des horaires atypiques, les approches managériales ne peuvent pas faire l’économie cette prise en compte. La transformation de l’organisation du SDIS 71 a permis de prendre en compte le fait que, dans la réalité, tout ceci n’était pas figé et qu’adapter une procédure aux heures du jour ou de la nuit ou s’intéresser à la santé de ses agents pouvait donc avoir du sens.

Grâce au Colonel Marlot, j’ai ainsi pu travailler simultanément comme consultant à la Direction départementale du SDIS 71 et comme sapeur-pompier opérationnel pendant 7 ans. En prenant mes gardes de jour comme de nuit, en participant à différentes opérations sur le terrain, j’ai subi des contraintes affectives et physiques qui n’étaient ni écrites, ni verbalisées par les acteurs, quoi que bien connues des opérationnels. Ceci m’a beaucoup appris et m’a permis de cerner quelques priorités des sapeurs-pompiers opérationnels. Je crois pour cela que l’un des meilleurs tableaux de bord qui soit consiste à vivre les mêmes expériences physiques que ses collaborateurs dans un contexte similaire. Cela donne de nombreuses informations pertinentes et invisibles par ailleurs. Notre corps est un formidable instrument de mesure que l’on n’utilise pas assez...

Toutefois, quand on est impliqué dans l’action, ce n’est pas non plus évident d’arriver à prendre du recul. J’ai pu résoudre ce problème en construisant un dispositif de recherche-action Lewinienne et en me faisant accompagner par un collectif solide de chercheurs. Ceci m’a permis de relativiser beaucoup de choses.

Je me suis alors rendu compte que pour être efficients, les sapeurs-pompiers adoptaient en opération un mode d’organisation relativement transversal. Ceci était masqué dans les discours des sapeurs-pompiers par un recours à un ensemble de référentiels et de procédures dictés par l’administration, et visant plus la conformité juridique ou administrative que la rigueur nécessaire à la préparation d’une opération. Dans les professions « sentinelles », il y a souvent une énorme confusion entre la notion de rigueur et de conformité. Pour comprendre cela, il faut se rendre compte qu’en général, les gens appellent les pompiers quand ils ne savent plus quoi faire, précisément quand les procédures et les solutions qu’ils connaissent ne sont plus efficaces. Pour pouvoir être efficients face à ces situations parfois inédites, la rigueur dans la préparation rituelle à l’intervention est nécessaire.

Ce rituel peut commencer dès la prise de garde : on s’habille, on fait les vérifications, on se remémore les gestes et techniques lors d’un départ en intervention, l’ensemble servant d’amorçage, de préparation à une sortie de la norme. La véritable légitimité de tout l’appareil logistique, RH, des formations et du SDIS se trouve là, en amont, dans leur capacité à maintenir la rigueur de cette préparation et non uniquement la conformité à une procédure dont la pertinence opérationnelle est souvent discutable. Conscients de cela, avec Michel, nous avons juste tenté de faire évoluer le système d’organisation avec des références différentes, adaptées aux temporalités et mobilisations du corps analysées en opérations. Cela a permis à certains de nos sapeurs-pompiers de se réapproprier l’organisation et le métier avec leur propre langage, leurs propres outils et représentations. Tout notre travail a permis de remettre en question une organisation devenue un peu sclérosée par de confortables habitudes et des procédures rassurantes mais non nécessairement pertinentes.

Derrière toute cette transformation, il y a énormément de travail, une exposition de soi sans fards aux personnes et à la réalité, des prises de risques... Un véritable défi de complexité

Question de la salle : Qu’est ce signifie pour vous le mot « valeurs » ?

Les valeurs, c’est ce en quoi vous croyez profondément, c’est ce pourquoi vous êtes prêt à vous engager physiquement et affectivement. Qu’est-ce qui vraiment vous pousse à mobiliser vos ressources pour protéger cette croyance ou cet te manière de voir le monde ? Plus que des mots, ce sont des actes, un engagement. Voilà pour moi une définition possible.

Par confort ou par paresse, on a trop tendance à prendre les gens pour des idiots, à les réduire à des lignes dans des tableurs Excel. On ne les laisse pas assez réfléchir et l’on prend des décisions à leur place. On les méprise quand ils ne s’expriment pas de manière aisée, alors que certains opérationnels, d’un point de vue cognitif ou physiologique déploient des potentiels largement supérieurs à un travail de direction.

Il y a un vrai mépris de l’humain lorsque l’on ne s’intéresse plus à la personne, à sa vie, que l’on s’arrête au préjugé et à l‘étiquetage. En allant sur le terrain, en observant, en écoutant, en partageant les épreuves et les émotions, redécouvrons ensemble que n’importe qui peut être pour nous une nouvelle bibliothèque d’Alexandrie à explorer !

Pour en savoir plus : lire en ligne le compte rendu rencontre #2 Club Melchior

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