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Effets sur la santé des sollicitations professionnelles et du travail pendant le temps libre

L’internationalisation et les avancées technologiques ont changé l’organisation du travail dans les pays industrialisés. Les technologies de l’information et de la communication comme les ordinateurs, tablettes ou les smartphones, sont de plus en plus utilisées, autorisant une plus grande flexibilité temporelle et spatiale dans l’organisation du travail. Ceci peut amener une augmentation du travail supplémentaire en dehors des heures de travail contractuelles.

Ce tournant amène le développement du travail le week-end, en soirée, voir même la nuit, causant des interférences avec les rythmes biologiques et sociaux, impactant le sommeil en quantité et en qualité, le repos, et la qualité des interactions sociales. Toutefois, les études empiriques portant sur la question sont peu fréquentes.

L’étude de Anna Arlinghaus, et de Friedhelm Nachreiner qui vient d’être publiée dans Chronobiology International s’est intéressée aux liens entre (1) les sollicitations professionnelles effectuées en dehors des heures de travail conventionnelles, et (2) le travail réalisé pendant le temps libre, avec l’état de santé des personnes concernées.

L’état de santé des participants a été auto-évalué lors des quatrièmes et cinquièmes sondages européens sur les conditions de travail (EWCS 2005, EWCS 2010). En dehors de ces sondages de grande échelle, des données concernant respectivement 22836 et 34399 employés ont également été utilisées pour pondérer les résultats. La moitié des personnes interrogées a déclaré travailler occasionnellement en dehors des heures de travail contractuelles.

Les résultats de cette étude montrent qu’il existe un risque pour les employés de déclarer au moins un problème de santé lorsqu’ils sont sollicités par leur employeur en dehors des heures conventionnelles (EWCS 2005) ou qu’ils travaillent sur leur temps libre pour répondre à des demandes d’ordre professionnel (EWCS 2010).

Ces résultats ont été contrôlés au regard d’une population non exposée, pour les variables démographiques, la charge mentale et physique, l’autonomie, et plusieurs caractéristiques liées aux heures de travail (nombre d’heures par semaine, horaires atypiques..).

Le risque de déclarer des problèmes de santé était augmenté si l’employé était contacté de temps en temps [1] et souvent  [2], tandis que la fréquence de travail pendant le temps libre montre une relation dose effet évidente [3].

Ces résultats montrent que même un faible montant de travail supplémentaire au delà des horaires contractuellement convenus augmente le risque de problèmes de santé liés au travail. De toutes les options explorées par l’étude, le fait de travailler pendant son temps libre serait toutefois plus fortement associé à un risque pour la santé des employés, et serait également un meilleur indicateur de charge de travail des personnes.

En conséquence, pour prévenir ces effets néfastes, la limitation de la disponibilité des employés en dehors de leurs heures conventionnelles de travail devrait être envisagée.

Dans les métiers où des contraintes similaires sont inévitables (astreintes à domicile des professions de santé, sapeurs-pompiers, etc...), une autre étude récente a montré qu’elles pouvaient conduire la sélection d’un profil particulier par abandon spontané et progressif de l’activité. Si ceci peut constituer au final une garantie de santé et de sécurité des agents (diminution de la prévalence pour la population « survivante »), et indirectement de la qualité de prise en charge des victimes, il s’agit également d’une cause accélérant le turnover dans ces professions éprouvées.

Si la confirmation de ces aspects nécessite la réalisation d’études supplémentaires, l’intérêt préventif d’approches intégrant la culture de l’organisation, le soutien social, l’autonomie ou la reconnaissance des efforts effectués par les personnels concernés est non négligeable. .

Notes

[1Probabilité (P) 1.26, 95%, intervalle de confiance (IC) 1.14–1.39

[2P 1.13, 95% IC 1.02–1.25

[3de temps en temps : P 1.14, 95% IC 1.04–1.24 ; souvent : P 1.60, 95% IC 1.47–1.75

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