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L’astreinte, un régime de travail loin d’être inoffensif ?

L’astreinte se différencie du travail effectif par le fait que, lorsque la personne d’astreinte n’est pas appelée par son employeur ou son autorité de tutelle pour réaliser des tâches quelconques, celle-ci peut vaquer à ses occupations personnelles.

Ce régime de travail est souvent utilisée pour permettre une couverture sur 24h, 7 jours sur 7, en particulier lorsque l’urgence d’une situation nécessite la présence de personnel capable de prendre en charge immédiatement les aspects critiques d’un problème, mais aussi quand le volume de sollicitations (toujours irrégulières et imprévisibles à l’échelle individuelle) n’est pas suffisant pour permettre une occupation continue de la personne concernée.

Pendant le temps d’astreinte, la seule obligation de la personne est de rester joignable, disponible, et mobilisable dans un bref délai, le plus souvent à proximité de son lieu de travail ou de son domicile. Dans de nombreux pays européens, au regard du fait que les personnes d’astreinte peuvent (en théorie) se déplacer et s’adonner « librement » à des activités privées, l’astreinte est considérée comme du temps libre ou de repos et n’est pas reconnue comme du travail, sauf lors des interventions.

Les études concernant l’effet des astreintes sur la santé sont suffisamment rares pour être signalées. Une étude hollandaise, publiée en 2015 et portant sur plus de 150 personnes [1], s’est penchée récemment sur la question [ref=C2G9PCRA].

Les chercheurs ont analysé les liens existants entre le temps d’exposition à l’astreinte, ses effets psychologiques sur l’expérience de vie quotidienne (par ex : le stress du à l’imprévisibilité des interventions, la capacité à se relaxer et se reposer pendant l’attente de l’intervention, les restrictions consenties lors du temps d’astreinte, la difficulté des interventions et la reconnaissance donnée par l’employeur en échange des efforts consentis pour l’astreinte), la fatigue, les difficultés liées à la conciliation des temps de vie (personnels, professionnels...) ou encore la difficulté perçue de la réalisation des missions lors des interventions.

Les conclusions de l’étude attirent l’attention sur le fait que l’astreinte serait loin d’être inoffensive pour ceux qui y sont exposés et ne pourrait donc pas être considérée comme l’équivalent d’un temps de repos ou d’un temps libre du point de vue psychologique.

Ses effets sur la fatigue, sur la conciliation des temps de vie, la pression exercée sur la vie personnelle et familiale, et la performance ressentie en intervention seraient particulièrement saillants. Ainsi, plus d’un tiers des personnes interrogées considèreraient que l’astreinte est un régime de travail stressant qui peut détériorer la qualité de leur récupération, paramètre critique de leur bien-être et de leur santé.

Par ailleurs, le nombre d’heures passées en astreinte ne semble pas jouer sur le résultat, ce qui signifie qu’une exposition courte ou peu régulière peut provoquer des effets similaires à ceux d’une exposition importante et continue.

Tout ceci montre qu’être d’astreinte nécessite de réaliser des efforts conséquents qu’il convient de reconnaitre à leur juste valeur, mais également qu’une partie des problèmes liés à l’astreinte peuvent être compensés par un recrutement, une organisation et un management adapté.

Enfin, si les résultats de cette étude permettent d’établir des corrélations significatives entre les différents items cités, aucune relations de cause à effet ne peut être pour autant déduite de ces analyses. De nouvelles recherches rétrospectives et prospectives sont donc nécessaires afin de pouvoir confirmer ces premières avancées...

Notes

[1D’un âge de 20 à 69 ans, et incluant 71% d’hommes

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