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Quel est le coût du stress au travail et des risques psychosociaux ?

Un rapport de l’agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) dirigé par Juliet Hassard s’est intéressé au cout du stress au travail et des risques psychosociaux.

Pour l’Europe, les dépressions dues au travail coûteraient près de 617 milliards d’euros par an répartis entre les problèmes d’absentéisme (272 milliards d’euros), la perte de productivité (242 milliards d’euros) ; les frais de santé (63 milliards d’euros) ; et les allocations pour inaptitudes (39 milliards d’euros). L’ensemble correspondrait à quatre fois le budget de l’Union Européenne (151 milliards d’euros en 2014)...

L’étude ne s’arrête pas au constat, et tente d’évaluer l’impact financier des politiques de prévention. Au regard de la revue de littérature effectuée, elle estime qu’investir 1 euro dans la prévention et la sensibilisation génère un bénéfice net de plus de 13 euros. Le rapport évoque pour celà une étude effectuée au sein de la police néerlandaise dans laquelle un investissement de 3 millions d’euros dans la prévention des risques psychosociaux a fait baisser l’absentéisme de près de 3 % en quatre ans, correspondant à une économie de près de 40 millions d’euros.

Les risques psychosociaux et le stress au travail ont touché un nombre important d’organisations ces dernières années. Ils sont pour la plupart dus au durcissement de la concurrence, aux avancées faites en matière de technologie de l’information et de communication, ou à de nouvelles modalités contractuelles et d’emploi du temps... Dans un contexte sociologique plus large, le rythme du travail accélère, la pression temporelle augmente, les sollicitations multitâches et le besoin d’apprendre de nouvelles choses uniquement pour maintenir le status-quo.

En plus de ces changement structuraux et à long termes, la crise économique actuelle augmente simultanément la pression sur les employeurs et leurs employés pour qu’ils restent compétitifs. Ces changements sont pourvoyeurs d’opportunités de développement, mais s’ils sont mal managés, ils viendront nourrir le risque psychosocial ou baisseront les résultats de l’organisation en matière de sécurité et de santé au travail. Challenge important, en particulier lorsque l’étude précise que 40 % des managers européens considèrent que le risque psychosocial est plus difficile à intégrer que les problématiques "traditionnelles".

Les auteurs soulignent également que les employeurs ont l’obligation légale de réduire les risques de leurs employés en matière de santé et de sécurité (ce qui inclut les risques psychosociaux). Ceci contribuerait à la perception d’un enjeu coûteux et subi. De nombreux travaux scientifiques et faits empiriques semblent toutefois suggérer qu’il est encore plus cher pour l’employeur, les employés, et la société en général de ne pas s’en occuper.

Au niveau individuel, l’exposition aux RPS augmenterait les frais médicaux et le coût des assurances, et bien qu’ils soient prix en grande partie en charge par le système de santé, il peut y avoir un impact direct sur le pouvoir d’achat des employés.
Au niveau organisationnel, les implications financières seraient associées à une détérioration de la productivité, de hauts niveaux d’absentéisme et de turnover des employés.

En France, le coût de la tension au travail a été calculée par Bejan et Sultant Taieb en 2005. Les auteurs y incluent les frais médicaux (413 millions d’euros), les arrêts de travail (279 millions d’euros), les morts prématurées (474 millions d’euros), ou encore les années de vie perdues au regard de l’espérance de vie (954 millions d’euros). La somme de ces catégories atteint 1.17 milliards d’euros.
On peut aussi préciser que la dépression couterait près de 650 millions d’euros, ou encore que les maladies cardiovasculaires liées aux RPS coûtraient entre 388 et 715 millions d’euros. En 2010, Trontin et al. ont également évalué le coût induit par les RPS de nombreuses catégories comme celle des frais médicaux (124 et 199 millions d’euros), ou encore de l’absentéisme (826 et 1284 millions d’euros)... Au total, les RPS auront couté de 1.9 à 3 milliards d’euros...

S’ils constituent avant tout un problème humain, les RPS ont donc un impact financier non négligeable sur lequel il est possible d’envisager une marge d’amélioration conséquente. Sous cet angle, la prévention des risques psychosociaux devient un investissement intéressant.

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